sleeve

Bien le Bonjou Ratousse,

Donc je vis avec une sleevée.

La sleeve c'est une sorte de gestation à l'envers, stadire que pendant 9 mois ta femme maigrit au lieu de s'arrondir par contre toi tu te tapes quand même un complexe du kangourou et tu prends du poids vu que tu termines tous ses plats.
Et puis c'est très étrange.
Par moment elle dégonfle, puis elle raffermit, puis elle dégonfle puis ... toussa pour dire que t'as l'impression d'avoir ramené un ballon de la fête foraine qui perd son air petit à petit. La bonne nouvelle étant qu'on fini pas par vivre avec un bout de latex ridé qui pend au bout d'une tige en fer, cependant le parallèle est tentant.

Y'a pas que ça.
Parfois -comme une femme enceinte- elle bouffe LE petit pois de trop, celui super farceur que ton estomac n'a pas remarqué mais que le sien rejette violemment genre

- oh mais lui eh !  

... et tu la vois courir aux chiottes puis tu entends bluarp !

Alors toi gentil tu t'inquiètes

- Chérie tu veux que je vienne ? t'as besoin de quelque chose ??
- Non fous moi la paix, bluarp !

(elle vomit un second petit pois)

Bref tu restes dans ton coin comme le promeneur surpris par l'orage sous son abri.

Et puis il y a les aliments étranges, le boeuf par exemple. C'est méchant un morceau de boeuf, presque autant qu'un truc poivré


- Chérie tu veux que je vienne ? t'as besoin de quelque chose ??
- Non fous moi la paix, bluarp !


S'il n'y avait que ça tout irait bien, mais y'a les fringues.
Oh putain: elle a plus rien à se mettre.

Là encore il se produit un phénomène à l'envers comme quand tu es parents et que tu vois ta fille qui passe de l'état de grande fille à ado en ne grandissant que des jambes, puis du cul puis de la poitrine à moins que ce ne soient des bras: plus rien ne lui va et ta femme c'est pareil. Le froc qui lui faisait un joli cul hier ressemble à un parachute qui pendouille à un arbre, ses bonnets de soutif pourraient contenir ses deux nouveaux nichons, les élastiques de ses tangas flottent au vent. Elle a plus rien à se mettre

Et là arrive l'estocade de ton porte monnaie: la stabilisation de son poids d'arrivée, la Zalando-orgie, la galerie marchande-partouze et tu la vois rentrer avec des sacs de fringues à plus voir sa tête quand ce ne sont pas des pelleteuses qui déchargent le fourgon de la poste de sacs de vêtements devant ta porte comme d'autres se font livrer du bois.

Si c'était tout on pourrait considérer que c'est éprouvant mais supportable sauf que par moment elle te regarde:

- Dis donc c'est quoi ce gras ? tu te laisses aller ...